Après les vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech, celui du laboratoire américain Johnson & Johnson pourrait bientôt devenir le troisième autorisé aux États-Unis.

Jeudi, le géant de la santé a annoncé avoir déposé une demande conditionnelle à l’Agence américaine du médicament (FDA). Quelques heures plus tard, l’organisation a indiqué qu’un comité consultatif sur les vaccins étudierait cette demande le 26 février. Il rendra un avis après avoir étudié les données issues d’essais cliniques. La FDA a, elle, promis qu’elle donnerait ensuite son feu vert “le plus rapidement possible”. 

Comment fonctionne-t-il ? 

Ce vaccin appartient à la même famille que les vaccins d’AstraZeneca et Spoutnik V : il est à “vecteur viral”. Pour le fabriquer, les scientifiques ont utilisé un adénovirus, virus commun et peu virulent, qui sert à transporter le vaccin dans le corps. Ils ont ensuite modifié ce virus en lui injectant un fragment de Covid-19. Ce processus permet aux cellules de fabriquer une protéine du Covid-19. Le corps va ensuite pouvoir repérer ces fragments et déclencher une réponse immunitaire une fois qu’il sera confronté au coronavirus. 

Sur le plan logistique, le vaccin de Johnson & Johnson possède deux avantages non négligeables : il ne nécessite qu’une seule injection et peut être stocké dans des réfrigérateurs. Cette méthode pourrait toutefois évoluer, rappelle Jean-Daniel Lelièvre, chef du service immunologie et maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor et expert à la HAS (Haute Autorité de Santé) et auprès de l’OMS. “L’avantage de ce vaccin, à l’heure actuelle, c’est qu’il est le seul à avoir montré une efficacité avec une seule dose. Mais à partir de lundi, Janssens (la division pharmaceutique du groupe Johnson & Johnson) va commencer un essai en utilisant deux doses de ce vaccin”, précise-t-il, en rappelant que “toutes les données sur ce vaccin ne sont pas encore disponibles”. 

Quelle est son efficacité ? 

Johnson & Johnson a annoncé que son vaccin était efficace à 66% à partir du 28e jour suivant l’injection. Ce taux est inférieur aux vaccins à ARN messager de Pfizer-BioNTech (95%) et Moderna (94,1%) mais supérieur aux exigences de l’Organisation mondiale de la Santé, qui réclame une efficacité minimale de 52%. 

 Le vaccin de Johnson & Johnson est également efficace à 85% pour prévenir les formes graves de la maladie. “Le candidat vaccin Covid-19 de Janssen assure une protection complète contre les hospitalisations et les décès liés au Covid-19”, se félicite le laboratoire dans un communiqué. 

“Le vaccin a eu un effet manifeste sur les cas de Covid-19 nécessitant une intervention médicale […] aucun cas n’ayant été signalé parmi les participants, 28 jours après la vaccination”, poursuit Johnson & Johnson. 

Pour Jean-Daniel Lelièvre, cette protection face aux formes sévères de la maladie mérite d’être soulignée. “Dans les essais cliniques des vaccins, les scientifiques évaluent l’efficacité contre les formes symptomatiques. Dès que la maladie prend des signes cliniques, ce qui intéresse les médecins, c’est de savoir si les personnes vaccinées et porteuses de la maladie vont à l’hôpital”, explique-t-il. “Parmi tous les candidats vaccins qui ont été autorisés en France, les données montrent que globalement, tous protègent contre les formes sévères du Covid-19”, rassure le médecin. 

Le communiqué publié par Johnson & Johnson ne fait par ailleurs pas état d’effets indésirables. “Si l’essai a été mené jusqu’au bout, c’est qu’il n’y a pas eu de problèmes majeurs”, relève Jean-Daniel Lelièvre. “En outre, si ce vaccin provoquait des effets secondaires, les scientifiques auraient repéré ces mêmes effets sur les autres vaccins”, ajoute-il. 

Protège-t-il des variants du Covid-19 ? 

 Face à l’expansion des nouveaux variants du Covid-19 à travers le monde, le laboratoire se veut rassurant. “La protection était généralement uniforme sur tous les groupes d’âge, y compris les adultes de plus de 60 ans et sur tous les variants et régions étudiés, y compris en Afrique du Sud où presque tous les cas de Covid-19 (95%) étaient dus à une infection par un variant du Covid-19”, peut-on lire dans ce même communiqué.

“Il faut garder en tête que ces vaccins (Moderna et Pfizer-BioNTech) ont été conçus avant l’émergence des nouveaux variants”, a expliqué sur Twitter, Eric Feigl-Ding, épidémiologiste et économiste de la Santé. “Le vaccin de Johnson & Johnson a été testé au plus fort de la pandémie dans des régions du monde où le virus avait évolué”, ajoute-il.  

Jean-Daniel Lelièvre avance une autre explication. “Les vaccins déjà commercialisés ou qui ont entamé des démarches pour être distribués, utilisent tous la même souche de virus : la souche initiale du Covid-19. Il n’y a donc pas de raison de penser que l’un d’entre eux ne sera pas efficace contre ces variants”, assure l’immunologue. “Tous ces vaccins vont avoir, peu ou prou, la même efficacité sur les variants”, poursuit-il. Toutefois, le taux d’efficacité du vaccin de Johnson & Johnson diffère selon les pays. Ce taux s’élève à 57% en Afrique du Sud, où un nouveau variant est devenu majoritaire, tandis qu’il atteint 72% aux États-Unis. 

Quand sera-t-il disponible en Europe ? 

 À l’instar de la FDA, l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’attend à recevoir une demande d’autorisation de mise sur le marché de ce vaccin dans l’UE. “Nous venons d’entendre quelques résultats prometteurs du vaccin Janssen, avec l’espoir que celui-ci nous soit soumis prochainement”, a déclaré vendredi Emer Cooke, la directrice exécutive de l’EMA. Le vaccin fait déjà l’objet d’un “examen continu”, a précisé l’EMA, qui étudie les données de sécurité et d’efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution. 

 L’Europe a préacheté 200 millions de doses de ce vaccin : 15% d’entre elles, soit 30 millions, sont destinées à la France. Les États-Unis, eux, ont signé un accord pour recevoir 100 millions de doses de vaccin avant fin juin. À l’échelle mondiale, l’entreprise Johnson & Johnson a promis qu’elle fournirait 1 milliard de doses en 2021. 

Quel est son prix ? 

 Le groupe a annoncé qu’il avait l’intention de vendre son vaccin à prix coûtant, c’est-à-dire au prix de 6,93 euros. Le vaccin est donc moins cher que celui de Moderna (15 euros la dose) et de Pfizer-BioNTech (15,5 euros la dose) même si le vaccin d’AstraZeneca reste le moins cher (2 euros la dose). 

 

Abonnez-vous à notre newsletter

Lettre d'Info

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

Merci beaucoup pour votre inscription, Vous serez désormais parmi les premiers informés de tout nouveau contenu de Saint Pompon.fr, alors gardez un œil sur vos e-mails. Merci et bonne continuation.

Abonnez-vous à notre newsletter

Lettre d'Info

Rejoignez notre liste de diffusion pour recevoir les dernières nouvelles et mises à jour de notre équipe.

Merci beaucoup pour votre inscription, Vous serez désormais parmi les premiers informés de tout nouveau contenu de Saint Pompon.fr, alors gardez un œil sur vos e-mails.